LA KINESITHERAPIE EN ORL

 

Chez le prématuré et le nouveau-né:

La respiration est naso-nasale, la moindre agression virale ou bactérienne entraîne en plus de l’inflammation, une hypersécrétion qui va obstruer les voies aériennes supérieures et empêcher ce jeune patient non seulement de respirer mais aussi de boire et de se nourrir. L’hyperventilation et la dyspnée se soldent d’abord par des pleurs, des geignements, une toux, mais aussi par une ingestion d’air qui va limiter la dynamique du diaphragme, et dans un second temps par une fatigue des muscles ventilatoires et des pauses respiratoires… . C’est dire l’importance d’un traitement immédiat de l’obstruction des voies aériennes chez ces petits patients.

 

Les techniques :

 

Il consiste en un reniflement imposé au nourrisson par fermeture de la bouche lors de l’inspiration qui, de ce fait , devient nécessairement nasale. Les sécrétions progressent au niveau du pharynx grâce au flux aérien. La toux provoquée par l’appui trachéale fait progresser encore les sécrétions au niveau de la base de la langue et celle ci peuvent être crachée par la technique d’antépulsion pharyngobuccale.

 

Lors de l’expiration rapide, de la toux ou des pleurs, l’occlusion du voile du palais entraîne une expiration buccale. L’appui mentionné sous lungual interdit la déglutition, diminue le calibre linguopalatin et permet par la vitesse du flux, la projection des sécrétions juste sur les lèvres. Cette technique permet d’éviter les aspirations et les épistaxis qui en découlent. Bien qu’il soit habituel de penser et de lire que les nourrissons ne crachent pas, cette technique permet de mettre en évidence des sécrétions jusqu’alors ignorées car dégluties.

 

Chez l’enfant et l’adulte:

La kinésithérapie se propose d’éduquer le sujet grâce à des techniques simples et reproductibles. Le mouchage ne permet de désencombrer que les parties proximales du nez et présente l’inconvénient de provoquer des hyper-pressions préjudiciables pour l’oreille moyenne et les sinus.

 

L’éducation respiratoire naso-nasale comprend différents temps :

 

En buvant de manière régulière dans la journée et dans l’heure qui précède la séance, en prenant régulièrement des mucolytiques (N.A.C. type MUCOMIST) et en instillant ou en nébulisant dans les cas extrêmes des produits mouillants.

 

2) Réchauffer l’air inhalé :

C’est à l’expiration que se réchauffent et se désobstruent, les voies aériennes supérieures.

Il est essentiel d’expirer par le nez. Chez nos patients, si l’obstruction existe déjà, une chambre antérieure de mixage visant à réchauffer l’air est une solution (ventilation au travers de ses mains formant une enceinte).

 

3) Le reniflement :

Geste de discourtoisie il a une valeur thérapeutique indéniable a condition d’être bien exécuté.

3.1) Le reniflement bouche ouverte :

II vise à faire vibrer le voile du palais. Les vibrations du voile permettent de mobiliser et d’évacuer les sécrétions les plus distales.

 

3.2) Le reniflement bouche demi-ouverte :

Il ne doit pas faire vibrer le voile et intéresse la partie moyenne des sécrétions qui l’encombrent.

 

3.3) Le reniflement bouche fermée :

Il mobilise plus volontiers les sécrétions les plus antérieurement situées. Des dépressions trop intenses ou trop brutales peuvent aller à l’encontre de ce que l’ont souhaite protéger : le tympan par trompe d’eustache interposée…

 

3.4) L’ouverture active de la trompe d’eustache :

Une projection antérieure avec abaissement et ouverture de la mandibule associée à un mouvement de pression de la langue sur le plancher permet une ouverture active de la trompe. Le bâillement, comme la déglutition sont les systèmes automaticoréfléxe de cette éducation.

 

3) L’expulsion des sécrétions :

Mobilisées jusqu’au niveau du pharynx, les sécrétions sont évacuées par une accélération rapide du flux expiratoire bouche ouverte, ce qui a pour effet la fermeture du voile et la projection des sécrétions dans la bouche.