Qu'est
ce que la bronchiolite ?
On
appel bronchiolite une atteinte aiguë des bronches d'origine virale
(le plus souvent due au VRS, Virus Respiratoire Syncytial), chez le jeune
enfant, se traduisant par un encombrement important et entraînant
une toux incessante, une gêne respiratoire. On appelait autrefois
cette affection : "bronchite asthmatiforme". Le seul traitement
efficace reconnu aujourd'hui est la kinésithérapie
respiratoire.
Otite égale
antibiotique ?
Article
du Docteur Danielle Perreault
(Extrait
de LA PRESSE MONTRÉAL du 9 novembre 2003)
Je
pratique depuis 20 ans, j’ai examiné et
réexaminé des milliers d’oreilles d'enfants,
celles des miens, de mes voisins et de mes patients. J’ai
vécu l’époque où les otites se soignaient
automatiquement aux antibiotiques. J’avais appris dans mon
cours de médecine que l'infection pouvait se compliquer
et qu’il fallait agir rapidement.
Mais
pendant qu’ici, on insistait
pour que les parents fassent ingurgiter divers antibiotiques à leur
rejeton, les médecins européens adoptaient une tout
autre attitude. D’après leurs observations chez les
enfants de plus de 2 ans, il n'y a pas d'indication ni d'urgence à commencer
des antibiotiques dès que l’enfant se plaint d'un
mal d’oreille. Pourquoi? Parce que dans 80% des cas, l’otite
guérit spontanément, sans traitement.
Je
me souviens d’une mère fière
de me dire qu’elle n’avait pas donné les antibiotiques
que j'avais prescrit à son enfant et que les chandelles
chinoises appliquées sur l’os derrière l’oreille
avaient réglé le problème. En fait, l’otite
du petit avait simplement suivi son évolution normale. C'est
ce qu’on accepte de plus en plus en Amérique du Nord
aujourd’hui.
Plus
d’un enfant sur trois aura plus d’une
otite durant la période de la petite enfance. C’est
vers l’âge de 4 à 5 ans que les trompes d’Eustache,
qui permettent de mieux ventiler l’oreille, deviennent plus
efficaces. Les otites sont alors beaucoup plus rares et le problème
disparaît habituellement.
Durant
ces quelques années, un grand
nombre (85% des enfants ont déjà souffert d’une
otite à l'age de 2 ans) risque de prendre des antibiotiques.
J'ai
consulté le Dr Louis Geoffroy,
pédiatre à l’hôpital Sainte-Justine,
qui dans l'article intitulé Devons-nous traiter ou non
l’otite? Paru dans l’Actualité médicale du
11 juin 2003, fait une revue exhaustive des arguments de chacune
des deux écoles.
Ne
les traitons pas toutes
Comme
je l’ai mentionné précédemment,
une otite guérit spontanément dans 80% des cas. Pourquoi
alors prendre des antibiotiques?
- Pour diminuer
la douleur? La douleur associée à cette
condition disparaît chez 60% des enfants dès la
deuxième journée de l’otite. Si on donne
des antibiotiques pour réduire la douleur chez un enfant,
cela veut dire qu’il faut en donner à 17 enfants
pour l’épargner à un seul.
Des
doses appropriées, selon le poids,
de Tylenol (ou l’équivalent) restent une solution
tout à fait acceptable pour diminuer la douleur.
- Pour éviter les complications ? Le deuxième
argument pour traiter aux antibiotiques est de réduire
le risque de complications. L’otite touche l’oreille
moyenne, qui est encastrée dans un os du crâne.
En théorie, elle pourrait s’étendre à la
mastoïde, une éminence osseuse derrière l’oreille.
La revue de sept études auprès de 2200 enfants
ne montre qu’un seul cas de mastoïdite. Une autre étude,
dans les Pays-Bas,portant sur 4860 enfants a révélé deux
cas de mastoïdite qui ont facilement été traités
par des antibiotiques.
L’autre complication est le risque
d’apparition et de développer une méningite,
l’inflammation des méninges qui enveloppent le cerveau.
Il s’agit d’une complication très rare. Aucun
cas de méningite n’a été observé parmi
les 4860 enfants qui ont participé à l’étude.
- Et la résistance aux antibiotiques ? La bactérie
la plus fréquemment responsable des otites est le pneumocoque.
En Amérique du Nord, où les enfants reçoivent
en très grande majorité (98%) des antibiotiques
pour soigner les otites, la résistance du pneumocoque à un
antibiotique de première ligne est de 30% à 60%.
En Europe, où seulement le tiers des otites sont traitées
avec des antibiotiques, la résistance est de 3%. Enfin,
n’oublions pas les effets secondaires des antibiotiques
comme les diarrhées et les allergies.
Traitons-les
toutes
Les études sur l’emploi des antibiotiques
et l’histoire naturelle des otites n’ont pas été faites
chez les enfants de moins de deux ans. Il est donc plus fréquent
de prescrire des antibiotiques aux très jeunes enfants.
De plus, les études mentionnées dans ce texte ont été faites
dans les années 80. Est-ce que les enfants en garderie,
qui risquent la récurrence, devraient être davantage
traités ?
Enfin,
certains médecins posent la question
suivante : avant l’utilisation des antibiotiques, les
mastoïdites étaient fréquentes. Si on laisse
tomber les antibiotiques, allons-nous assister à une recrudescence
de cette complication ?
Qui
décide ?
Parler
de ce sujet, c’est mettre en relief
deux approches en médecine. « Dans le doute,
fais quelque chose », prône l’approche américaine,
très interventionniste, alors que les Européens pensent
que « dans le doute, il vaut mieux s’abstenir. »
À l’heure actuelle, on peut très
bien se permettre d’attendre de 24 à 48 heures avant
de traiter. La persistance de la fièvre et de la douleur
et un tympan très bombé seront des signes et des
symptômes qui nous feront alors opter pour des antibiotiques.
À la clinique, si vous devez attendre
trois heures avec votre enfant malade, vous ne serez pas trop enclin à accepter
de revenir un ou deux jours plus tard. Au mieux, votre médecin
de famille ou le pédiatre acceptera de vous recevoir entre
deux patients. Remarquez qu’il est de pratique courante qu’une
ordonnance soit remise au parent qui l’utilisera seulement
si l’enfant est encore malade le lendemain ou le surlendemain.
De
plus en plus, les parents préfèrent
attendre avant d’avoir recours aux antibiotiques.
Résistance
aux antibiotiques
Quand
on parle de résistance aux antibiotiques,
ce n’est pas que notre système de défence est
devenu inefficace.
C’est plutôt que les bactéries
se sont transformées pour avoir été trop exposées à une
famille d’antibiotiques.
Sans
aller jusqu’à dire qu’elles
sont « intelligentes », elles sont tout de
même dotées de mécanismes efficaces pour ne
pas se laisser faire.
Est-ce
vraiment une otite ?
Votre
enfant a mauvaise mine, il fait un peu de fièvre et son nez coule. Lors de l’examen, il pleure.
Son tympan est rouge et on conclut qu’il a une otite. Or,
plus du tiers des tympans très rouges ne présente
pas d’otite. Par ailleurs, si l’enfant a eu une otite
un mois auparavant, il peut conserver des signes de sa première
infection pendant des semaines (liquide derrière le tympan,
tympan plus rosé). Un tympan bombé et opaque est
le meilleur indicateur d’otite.
Un
tympan perforé, est-ce grave ?
Quand
la pression créée par le
pus accumulé dans l’oreille est trop forte, le tympan
perfore et libère l’enfant de sa douleur. Par la suite,
il faut éviter que de l’eau entre dans le canal. Le
tympan se refermera seul assez rapidement si l’otite est
bien soignée.
On
peut joindre le D r Danielle Perreault à l’adresse
suivante :
C.P.
63082, Île-des-Sœurs, H3E 1V6
perreaultmd@videotron.ca
Comment
reconnaît-on au juste une otite ?
Les
infections de l’oreille (otite moyenne) : réponse
de la Société canadienne
de pédiatrie
La
plupart des enfants ont eu une otite avant l’âge de trois ans. L’infection d’oreille
la plus courante pendant l’enfance touche l’oreille
moyenne. Des virus ou des bactéries pénètrent
dans l’oreille moyenne et provoquent une infection ou une
inflammation (une enflure). Les médecins diagnostiquent
les otites en observant le tympan.
Comment
puis-je savoir si mon enfant a une otite ?
Une
otite moyenne se produit souvent après
une autre maladie, comme un rhume. Souvent, en plus des symptômes
habituels du rhume, y compris la fièvre, les maux de gorge,
le manque d’énergie et la perte d’appétit,
les enfants souffrant d’une otite :
- ont mal aux oreilles,
- sont irritables (maussades),
- ont de la
difficulté à dormir,
- se frottent ou se tirent les oreilles,
- ne réagissent pas aux sons de faible intensité.
Il
existe d’autres symptômes, plus
rares :
- du liquide
s’écoule de l’oreille,
- une perte
d’équilibre.
Comment
traite-t-on l’otite ?
Presque
toutes les otites chez les enfants de moins de deux ans sont
traitées aux antibiotiques. Si l’enfant
a plus de deux ans et que l’otite ne cause pas trop de problèmes,
le médecin peut suggérer de lui donner un analgésique,
comme de l’acétaminophène, et réexaminer
l’enfant deux ou trois jours plus tard pour vérifier
s’il a vraiment besoin d’antibiotiques.
La
plupart des otites sont sans gravité et
guérissent complètement. De nombreux antibiotiques
traitent les otites bactériennes. Votre médecin en
prescrira un qui conviendra à l’état de votre
enfant.
La
plupart des enfants se sentent mieux dans les deux à trois jours suivant le début de la prise
d’antibiotiques. Cependant, pour guérir l’infection,
ils doivent prendre tout le médicament prescrit. Votre enfant
devra probablement retourner se faire examiner par le médecin
pour que celui-ci vérifie si l’otite est bien guérie.
Quelles
sortes de complications peuvent provoquer l’otite ?
Il
arrive que du liquide demeure dans l’oreille
moyenne plusieurs semaines après la disparition de l’infection.
Cette situation peut entraîner une perte d’audition
temporaire. En général, le liquide se draine seul,
et l’audition s’améliore sans traitement médical
supplémentaire. Il arrive toutefois que le liquide se réinfecte.
Dans ce cas, votre enfant devra peut-être recommencer à prendre
des antibiotiques.
Si
le liquide demeure dans l’oreille moyenne
pendant plus de quelques mois, une perte d’audition peut
se produire. Chez les enfants de moins de trois ans, cette accumulation
de liquide peut provoquer un retard de la parole et du langage.
Il peut être nécessaire d’insérer un
tube dans le tympan pour aller drainer le liquide dans l’oreille
moyenne. En général, c’est un otorhinolaryngologiste
(un chirurgien des oreilles, du nez et de la gorge) qui effectue
cette opération. L’intervention est courte, et d’habitude,
les enfants n’ont pas besoin de passer la nuit à l’hôpital.
Quand
devrais-je téléphoner
au médecin ?
Si
votre enfant prend des antibiotiques contre une otite, téléphonez au médecin s’il
:
- a encore
mal à l’oreille après deux ou
trois jours de traitement,
- fait une
fièvre de plus de 39 °C (102 °F) ou
fait de la fièvre pendant plus de trois jours,
- est très
somnolent,
- demeure irritable ou maussade,
- respire
rapidement ou a de la difficulté à respirer,
- entend mal.
Puis-je
prévenir les otites?
Bien
que la plupart des otites soient provoquées
par un rhume, d’autres facteurs peuvent les rendre plus fréquentes,
y compris :
- l’exposition à la fumée
de cigarette,
- l’utilisation d’une
sucette (suce),
- la tétée du biberon en position couchée,
- les allergies.
Demandez à votre médecin comment
réduire les risques d’otite pour votre enfant, par
exemple, par la vaccination contre les pneumocoques qui est l’une
des principales bactéries responsables de l’otite.
Source:
Publié dans Paediatrics & Child
Health, Avril 2002.
Ces
renseignements ne devraient pas remplacer les soins et les conseils
médicaux de votre médecin.
Ce dernier peut recommander des variations au traitement tenant
compte de la situation et de l'état de votre enfant.
Société canadienne
de pédiatrie, 2204, chemin Walkley, bureau 100, Ottawa
(Ontario) K1G 4G8; téléphone : (613) 526-9397;
télécopieur : (613) 526-3332.
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